Un menuisier installé à Quévert a déménagé son atelier, mais des clients sonnent encore à l’ancienne adresse. Une boutique de la rue du Jerzual reçoit des appels en plein mois de janvier, pendant sa fermeture annuelle, parce que Google l’affiche « ouvert ». Un couvreur de Pleudihen-sur-Rance voit un concurrent installé bien après lui passer devant sur la carte. Les trois histoires mènent au même endroit : la fiche d’établissement Google (Google Business Profile). Elle est gratuite. Beaucoup de professionnels l’ont créée un jour puis oubliée, alors que leurs clients la consultent souvent avant même leur site.

Nous avons déjà expliqué pourquoi le référencement local compte autant à Dinan. Place à la pratique : les réglages dans l’ordre où nous les faisons, et les pièges que nous croisons le plus souvent.

1. Créer ou revendiquer votre fiche, puis la faire vérifier

Commencez par chercher votre entreprise sur Google Maps. Une fiche existe souvent déjà, créée par Google à partir de données publiques ou de suggestions d’internautes. Le lien « Vous êtes le propriétaire de cet établissement ? » permet alors de la revendiquer. Si quelqu’un d’autre la gère (un ancien associé, un salarié parti, le prestataire d’il y a dix ans), la demande d’accès se fait depuis la même page.

S’il n’existe rien, créez la fiche depuis l’espace Google Business Profile, avec un compte Google professionnel que vous contrôlez. Surtout pas l’adresse personnelle d’un salarié ou celle de votre prestataire : le jour où il part, vous perdez la main. Vous pourrez ajouter des gestionnaires ensuite ; le rôle de propriétaire principal, lui, reste chez vous.

La vérification

Une fiche non vérifiée ne vous appartient qu’à moitié. Selon l’activité, Google propose un appel ou un SMS, un e-mail, un courrier, et de plus en plus souvent une courte vidéo. Pour la vidéo, filmez en une seule prise :

  • la rue ou un repère proche ;
  • la devanture, l’enseigne ou le véhicule siglé ;
  • une preuve que c’est bien vous qui gérez : vos clés dans la porte, la caisse, l’atelier, les outils.

Comptez quelques jours d’examen, parfois davantage, et ne touchez pas à la fiche pendant ce temps.

2. Des informations de base irréprochables

Le nom

Inscrivez le nom réel de votre entreprise, celui de l’enseigne et des factures. Rien de plus. Ajouter « plombier Dinan pas cher » derrière est contraire aux règles de Google et vous expose à une suspension.

Les catégories

La catégorie principale pèse lourd, car elle décide des recherches sur lesquelles vous pouvez apparaître. Prenez la plus précise. Les catégories secondaires ne servent que pour des activités que vous exercez réellement : un salon qui taille aussi les barbes choisira « Salon de coiffure », puis « Barbier ».

Adresse ou zone desservie ?

La règle tient en une ligne : on n’affiche une adresse que si l’on y reçoit des clients.

Votre situationCe qu’il faut renseignerExemples
Vous recevez vos clients sur placeL’adresse, visibleBoutique dans la vieille ville, cabinet à Lanvallay, restaurant sur le port
Vous travaillez uniquement chez vos clientsUne zone desservie, adresse masquéePlombier, électricien, jardinier à domicile
Vous faites les deuxL’adresse et une zone desserviePaysagiste avec pépinière ouverte au public, traiteur avec boutique qui livre

Listez les communes où vous intervenez réellement, sans viser trop large. Cocher toutes les communes jusqu’à Rennes n’élargit pas votre visibilité : Google tient toujours compte de l’emplacement de l’entreprise, même quand l’adresse est masquée.

Téléphone et site internet

Donnez un numéro où quelqu’un décroche, ou une messagerie qui dit quand vous rappelez. Côté site, visez la page la plus utile, pas forcément l’accueil : la carte pour un restaurant, les prestations pour un artisan. Un paramètre de suivi (« balise UTM ») ajouté à ce lien isole ensuite, dans vos statistiques, les visites venues de la fiche.

3. Des horaires toujours justes

Un horaire faux, c’est un client devant une porte close, et souvent un avis agacé dans la foulée. Google distingue les horaires habituels, ceux d’une semaine normale, et les horaires exceptionnels, prévus pour une date précise : jour férié, pont, inventaire, formation. Avant les fêtes, il vous invite souvent à les confirmer. Selon votre catégorie, d’autres horaires peuvent s’ajouter, pour la vente à emporter, la livraison ou le brunch.

Il n’existe pas de mode « saison » automatique. Si vos horaires changent l’été, modifiez vos horaires habituels en début de saison puis à la rentrée, et notez ces deux rendez-vous dans votre agenda. Pour une fermeture annuelle de plusieurs semaines, utilisez l’option « fermé temporairement », sans oublier de rouvrir la fiche à la date prévue. Et ne cochez jamais « fermé définitivement » par erreur : pour vos clients, vous auriez disparu.

Tout ce qu’il faut revoir avant l’été est rassemblé dans notre article sur la préparation de la saison touristique.

4. Photos, produits, services et posts

Les photos

Après le logo et la photo de couverture, place aux images réelles. La devanture d’abord, telle qu’on la voit depuis la rue : dans les ruelles de la vieille ville, c’est elle qui permet de vous trouver. Puis l’intérieur, l’équipe, les réalisations, les produits. Oubliez les banques d’images et les visuels couverts de texte. Complétez au fil des saisons et des chantiers, et surveillez les photos publiées par vos clients.

Description, produits et services

La description se lit en quelques secondes. Dites ce que vous faites, pour qui, où, et ce qui vous distingue, sans lien, sans texte en majuscules ni promotion.

Les rubriques Produits et Services restent souvent vides, et c’est dommage. Un artisan y listera ses prestations avec les mots de ses clients (« rénovation de toiture en ardoise », « démoussage », « pose de fenêtres de toit »), un commerce ses produits phares, un restaurant sa carte. Cochez aussi les attributs qui vous concernent : terrasse, accès en fauteuil roulant, paiement sans contact, Wi-Fi…

Les posts

Les posts (actualités, offres, événements) montrent qu’il y a quelqu’un derrière la fiche : un arrivage, des portes ouvertes à l’atelier, votre présence sur un marché, la réouverture après travaux. Une photo et trois lignes suffisent. Inutile d’en publier tous les jours ; un rythme régulier, même modeste, vaut mieux qu’une rafale suivie de six mois de silence.

5. Questions, messages et avis

Les questions des clients

Selon les pays et les catégories, Google a réduit la place des questions-réponses publiques, au profit de réponses générées automatiquement à partir de la fiche, des avis et du site. L’affichage change, le principe reste : les questions pratiques (stationnement, accès poussette, animaux, réservation, moyens de paiement) doivent trouver leur réponse dans vos attributs, votre description et une FAQ sur votre site. Si le module de questions s’affiche encore sur votre fiche, surveillez-le. N’importe qui peut y répondre, y compris de travers.

Les messages

Google a arrêté la messagerie instantanée des fiches en 2024. Le téléphone, le site et le lien de réservation prennent le relais : vérifiez qu’ils fonctionnent, et que la personne qui décroche connaît les horaires du moment.

Demander des avis

Votre espace de gestion fournit un lien court et un QR code qui ouvrent directement le formulaire d’avis. Imprimez le QR code sur la facture, collez le lien dans l’e-mail de fin de chantier. Et demandez à tous vos clients, y compris ceux dont vous n’êtes pas sûr : trier avant de demander est contraire aux règles de Google. Aucune contrepartie, aucun avis écrit par vous ou par vos proches. Les faux avis sont interdits par Google et relèvent, en France, des pratiques commerciales trompeuses.

Répondre aux avis

Répondez à chaque avis, et pas avec la même phrase copiée vingt fois. Face à une critique, remerciez, reconnaissez ce qui doit l’être, rétablissez les faits sans vous énerver et proposez de poursuivre par téléphone. Votre réponse s’adresse moins à l’auteur de l’avis qu’aux clients qui la liront après lui. Ne divulguez aucune information personnelle : un professionnel de santé ne confirmera même pas qu’une personne est sa patiente. Un avis manifestement faux, injurieux ou hors sujet peut être signalé ; un avis simplement négatif, non.

Les erreurs qui mènent à la suspension

Une fiche suspendue disparaît de la carte ou perd ses fonctions de gestion. Les causes sont presque toujours les mêmes :

  • un nom enrichi de mots-clés ou d’un nom de ville ;
  • une adresse fictive (domiciliation, boîte postale, bureau partagé où personne ne vous reçoit, adresse d’un proche pour « être à Dinan ») ;
  • des doublons (ancienne fiche oubliée après un déménagement, fiche créée par un salarié), alors que la règle est d’une fiche par établissement ;
  • des changements simultanés du nom, de l’adresse et des catégories, qui déclenchent une nouvelle vérification ;
  • une catégorie sans rapport avec l’activité réelle.

Gardez aussi un œil sur les modifications suggérées. Google et les internautes peuvent proposer de changer vos informations : lisez les notifications et refusez ce qui est faux.

Si la suspension tombe quand même, ne créez surtout pas une nouvelle fiche, vous ajouteriez un doublon au problème. Trouvez la cause, corrigez-la, puis déposez une demande de réexamen depuis votre espace, justificatifs à l’appui : photos de la devanture et de l’enseigne, document officiel au nom de l’entreprise, facture ou bail à l’adresse indiquée.

Suivre vos statistiques, et tenir dans la durée

La rubrique Performances montre comment les internautes ont trouvé votre fiche, avec quelles recherches, et ce qu’ils ont fait ensuite : appel, itinéraire, clic vers le site, réservation. Un coup d’œil par mois suffit. Comparez plutôt avec le même mois de l’année précédente : dans le pays de Dinan, février et juillet ne se comparent pas. Lisez surtout les termes de recherche. Si des gens vous trouvent en tapant « réparation de volets bois » et que votre site n’en dit pas un mot, vous tenez votre prochaine page.

Commencez aujourd’hui : ouvrez votre fiche sur Google Maps depuis votre téléphone, avec les yeux d’un client. Horaires, photos, dernier avis, dernière réponse : ce que vous voyez en trente secondes, vos clients le voient aussi. Ensuite, quelques minutes par semaine suffisent. Si vous préférez déléguer, nous créons ou reprenons votre fiche, l’alignons sur votre site et vous formons à la faire vivre : voyez notre offre de référencement local à Dinan ou demandez un devis gratuit.