Une entreprise de charpente des environs de Broons fait refaire son site. Il est plus beau, enfin lisible sur téléphone, avec de vraies photos de chantiers. Trois semaines après la mise en ligne, le téléphone sonne moins. Dans la Search Console, les erreurs s’accumulent : les anciennes pages, bien placées sur « charpente traditionnelle » ou « extension bois », n’existent plus, et Google tombe sur des pages introuvables. Le scénario est courant, et presque toujours évitable. Ce n’est pas la refonte qui fait perdre le référencement, ce sont les adresses oubliées, les contenus supprimés et les réglages laissés en l’état.

Voici comment nous nous y prenons pour que le nouveau site hérite du travail accumulé par l’ancien.

1. Faire l’inventaire de l’existant

Avant de dessiner la moindre maquette, on regarde ce que l’ancien site rapporte. Cela tient en trois listes :

  • Toutes les URL du site : pages, articles, fiches produits, catégories, fichiers PDF, images importantes. Un logiciel d’exploration (un « crawler ») les relève automatiquement, et le plan du site (sitemap) ou l’interface d’administration complètent la liste.
  • Les pages qui apportent du trafic : dans la Search Console, le rapport « Performances » montre celles qui reçoivent des clics depuis Google, avec les requêtes associées, sur les seize derniers mois. Votre outil de statistiques donne de son côté les pages d’entrée les plus fréquentes.
  • Les pages qui reçoivent des liens d’autres sites (rapport « Liens » de la Search Console) : un article de presse, l’office de tourisme ou un partenaire qui pointe vers une page précise lui transmet de la valeur.

C’est votre capital. Le nouveau site doit garder ces pages, ou leur offrir une remplaçante évidente. Pour notre charpentier, la vieille page « charpente traditionnelle » valait bien plus que la nouvelle animation d’accueil.

2. Établir le plan de redirections 301

Une redirection 301 prévient les navigateurs et les moteurs qu’une page a déménagé pour de bon, et leur donne sa nouvelle adresse. Le visiteur qui clique sur un ancien lien arrive au bon endroit, et Google transfère la plus grande partie de la valeur de l’ancienne page vers la nouvelle.

Le plan de redirections est un simple tableau, une ligne par ancienne adresse :

Ancienne URLNouvelle URLRemarque
/index.php?page=charpente/charpente-traditionnelle/Même contenu, adresse lisible
/nos-realisations.html/realisations/Page équivalente
/extension-bois.html/extension-maison-bois-dinan/Contenu repris et enrichi
/actualites/2019/salon-habitat/blog/Actualité périmée, renvoi vers la rubrique
/contact.php/contact/Page équivalente

Quelques règles, que nous appliquons sans exception. Chaque ancienne page renvoie vers une page équivalente, pas vers l’accueil : Google traite ces redirections en bloc comme des pages disparues. Pas de chaînes non plus. Chaque ancienne URL pointe directement vers sa destination finale, jamais vers une adresse elle-même redirigée. Pensez aux variantes, avec et sans « www », en http et en https. Enfin, une page vraiment sans équivalent peut renvoyer vers la page parente la plus proche ; si rien ne s’en approche, le site doit répondre par un code 410 (« supprimée définitivement »).

3. Conserver ce qui fonctionne

Les contenus

On a souvent envie de tout réécrire, ou de raccourcir les textes « pour faire moderne ». C’est pourtant leur contenu qui fait tenir la plupart des pages bien placées. Gardez les passages qui répondent aux recherches repérées pendant l’inventaire, quitte à les remettre en forme, et enrichissez-les plutôt que de couper.

Les balises

Pour chaque page importante, reprenez ou améliorez la balise title (le titre cliquable dans Google), la meta description, le titre principal (H1), la hiérarchie des intertitres et les textes alternatifs des images. Un title qui fonctionnait ne doit pas devenir « Accueil » au passage.

Le maillage interne

Les liens entre vos pages guident les visiteurs comme les robots. Dans le nouveau site, ils pointent directement vers les nouvelles adresses, sans passer par une redirection. Et les pages qui comptent restent à quelques clics de l’accueil, pas enfouies au fond d’un menu.

Les données structurées

Si l’ancien site décrivait votre entreprise, vos produits ou votre FAQ en données structurées, le nouveau doit faire au moins aussi bien. Ce sont elles, entre autres, qui permettent d’afficher des informations enrichies dans les résultats. Comme elles ne se voient pas à l’écran, elles disparaissent facilement lors d’un changement de thème ou d’outil.

4. De la préproduction à la bascule

Une préproduction protégée

Le nouveau site se construit sur une adresse de test, la préproduction. Google ne doit pas la voir, sinon il indexe un site en double, et inachevé. Le plus sûr est de la protéger par un mot de passe ; une consigne « noindex » est utile en complément, mais ne suffit pas toujours.

Le jour J

Une mise en ligne se prépare comme un déménagement. Avant d’ouvrir, vérifiez que :

  • les redirections 301 sont actives et testées sur un échantillon d’anciennes adresses ;
  • la consigne « noindex » de la préproduction a été retirée, et le fichier robots.txt n’interdit plus l’exploration ;
  • les balises canoniques pointent vers le vrai domaine, pas vers l’adresse de test ;
  • le certificat HTTPS couvre toutes les variantes du domaine ;
  • l’outil de statistiques est installé ;
  • les formulaires envoient bien leurs messages, et les paiements fonctionnent ;
  • le nouveau sitemap est généré.

Choisissez un moment calme, plutôt un mardi matin hors saison qu’un vendredi de juillet ou la veille d’un long week-end.

5. Après la mise en ligne, surveiller et patienter

Dans la Search Console

Dès la bascule, soumettez le nouveau sitemap et demandez l’indexation des pages les plus importantes avec l’outil d’inspection d’URL. Si vous changez de nom de domaine, utilisez en plus l’outil de changement d’adresse.

Les jours suivants, ouvrez le rapport d’indexation des pages et regardez les erreurs 404 (pages introuvables). Chacune trahit une ancienne adresse oubliée dans le plan de redirections, ou un lien interne cassé : ajoutez les redirections manquantes au fur et à mesure. Suivez aussi le rapport « Performances » page par page, en comparant avec la période qui précédait la refonte.

À quoi s’attendre

Google doit repasser sur chaque ancienne adresse pour découvrir sa redirection, ce qui prend de quelques jours à plusieurs semaines selon la taille du site. Pendant ce temps, les positions bougent. Ne paniquez pas au bout de quatre jours. Une baisse brutale et durable sur des pages précises, en revanche, signale un problème : redirection manquante, contenu supprimé, page devenue inaccessible. Quand le travail a été bien fait, le site retrouve en général son niveau, et un site plus rapide et mieux structuré peut ensuite le dépasser.

6. Les erreurs classiques

  • Oublier de retirer la consigne « noindex » de la préproduction : le site disparaît peu à peu de Google.
  • Rediriger toutes les anciennes pages vers l’accueil.
  • Supprimer les textes qui « faisaient vieux », alors que c’étaient eux qui amenaient les visites.
  • Changer d’un coup le design, la structure, les contenus et le nom de domaine, sans plan.
  • Oublier les fichiers PDF, les images et les pages de produits épuisés.
  • Retirer les redirections au bout de quelques mois, pour « faire le ménage ».
  • Ne plus ouvrir la Search Console après la mise en ligne.

Une refonte qui capitalise sur l’existant

Avant de signer un devis de refonte, posez une question simple à votre prestataire : qui fait l’inventaire des adresses et le plan de redirections, et qui surveille la Search Console après la mise en ligne ? Si la réponse reste floue, c’est vous qui portez le risque. Chez nous, ces étapes font partie de la méthode de refonte de site internet, avec un suivi dans les semaines qui suivent la bascule. Si votre site actuel vous amène des clients, parlons-en avant de tout changer : demandez un devis gratuit, ou découvrez notre offre de référencement naturel à Dinan.