Une famille qui prépare ses vacances ne tape plus forcément « gîte Dinan » dans Google. Elle demande à ChatGPT : « Trouve-nous un gîte avec jardin clos près de Dinan, pour quatre personnes et un chien, pas trop loin de la mer. » Un habitant de Taden demande à son téléphone quel électricien peut installer une borne de recharge dans le secteur. Au lieu de dix liens, l’assistant répond par deux ou trois noms, avec une phrase pour chacun. Figurer dans cette courte liste est devenu un enjeu de visibilité à part entière, que l’on appelle parfois GEO (Generative Engine Optimization, l’optimisation pour les moteurs génératifs).
Disons-le tout de suite : personne ne contrôle ces réponses, et nous nous méfions de ceux qui prétendent le contraire. On sait en revanche de mieux en mieux ce qui augmente les chances d’être cité. La plupart de ces efforts profitent aussi à votre référencement classique.
Comment les assistants trouvent leurs réponses
ChatGPT, Gemini, Copilot, Claude ou Perplexity puisent à deux sources.
La première, c’est ce qu’ils ont appris. Les modèles sont entraînés sur de grandes quantités de textes publics, arrêtés à une certaine date. Une petite entreprise locale y tient rarement beaucoup de place, et ce qu’ils en savent peut être ancien.
La seconde, c’est ce qu’ils vont chercher en direct. Pour une question locale ou récente, la plupart des assistants lancent une recherche sur le web, lisent quelques pages et en tirent une synthèse, souvent avec des liens vers leurs sources. Ils s’appuient pour cela sur des index de moteurs de recherche (celui de Google pour Gemini et les aperçus IA, celui de Bing pour Copilot, des index partenaires ou maison pour les autres), sur des données cartographiques, des annuaires et des sites d’avis.
D’où une règle simple : une page mal indexée n’existe pas pour l’assistant. Et Google ne suffit pas. Vérifiez aussi votre présence sur Bing (avec Bing Webmaster Tools et Bing Places) et sur Apple Plans (avec Apple Business Connect), souvent oubliés.
Les questions que vos clients leur posent
On ne parle pas à un assistant comme on tape dans Google. Les questions sont longues, précises, pleines de critères. Dans le pays de Dinan, cela donne par exemple :
- « Quel restaurant de la vieille ville de Dinan propose des plats sans gluten et accepte les groupes de huit ? »
- « Je cherche une chambre d’hôtes calme entre Dinan et Dinard, avec parking, pour un week-end d’octobre. »
- « Quel artisan peut restaurer des volets anciens en bois vers Léhon ? »
- « Un kiné à Dinan ou Lanvallay qui prend de nouveaux patients ? »
- « Que faire à Saint-Cast-le-Guildo avec des enfants quand il pleut ? »
Pour recommander quelqu’un, l’assistant doit trouver des réponses explicites à ces critères : sans gluten, groupes, parking, quartier, disponibilité. « Cuisine de qualité dans un cadre chaleureux » ne lui donne rien à quoi se raccrocher. « Plats sans gluten signalés sur la carte, salle à l’étage pour les groupes » lui donne de quoi répondre.
Ce qui aide une entreprise locale à être citée
Une identité cohérente partout
Les IA raisonnent en « entités » : une entreprise, avec un nom, une adresse, une activité, une zone. Plus ces informations sont identiques sur votre site, votre fiche Google, les annuaires, les réseaux sociaux et les sites qui parlent de vous, plus l’assistant est sûr de qui vous êtes. Une ancienne adresse ou deux descriptions contradictoires sèment le doute. Et une IA qui doute cite quelqu’un d’autre.
Des pages claires et factuelles
Prévoyez une page par prestation, qui dit en phrases simples ce que vous faites, pour qui, où, comment, dans quels délais et à quelles conditions. Des titres qui annoncent le contenu, des paragraphes courts. Un assistant tire bien plus d’une phrase précise que d’un slogan.
Une FAQ nourrie des vraies questions
Notez pendant une semaine les questions qu’on vous pose au téléphone ou au comptoir. Répondez à chacune en deux ou trois phrases sur votre site. C’est précisément ce format question-réponse que les assistants reprennent pour bâtir leurs propres réponses.
Des données structurées
Ce code, invisible pour le visiteur, décrit votre entreprise aux machines : type d’activité, adresse, horaires, zone desservie, liens vers vos profils officiels. Il évite aux robots d’avoir à deviner.
Des avis et des mentions sur d’autres sites
Un assistant cherche des confirmations ailleurs que chez vous : avis clients, article dans la presse locale, page de l’office de tourisme, fédération professionnelle, partenaires. Ce que les autres disent de vous pèse au moins autant que ce que vous en dites.
Une porte ouverte aux robots des IA
Votre fichier robots.txt dit aux robots ce qu’ils ont le droit de lire. Vérifiez qu’il ne ferme pas la porte à ceux des assistants, par erreur ou par défaut : certains hébergeurs et services de protection les bloquent désormais d’office. Chaque éditeur utilise d’ailleurs plusieurs robots, aux rôles différents :
| Robot | Éditeur | Rôle |
|---|---|---|
| OAI-SearchBot | OpenAI | Indexer les pages pour la recherche de ChatGPT |
| GPTBot | OpenAI | Collecter des textes pour entraîner les modèles |
| Claude-SearchBot et ClaudeBot | Anthropic | Recherche de Claude, et entraînement des modèles |
| PerplexityBot | Perplexity | Indexer les pages pour les réponses de Perplexity |
| Bingbot | Microsoft | Alimenter l’index de Bing, utilisé par Copilot |
| Google-Extended | Autoriser ou non l’entraînement de Gemini sur vos contenus, sans effet sur la recherche Google |
Bloquer un robot d’entraînement n’empêche pas forcément d’apparaître dans les réponses ; bloquer un robot de recherche, si.
Reste le fichier llms.txt, une proposition récente : un résumé de votre site en texte simple, destiné aux modèles de langage. Rien ne confirme à ce jour que les grands assistants l’utilisent. Nous le voyons comme un petit exercice, utile pour clarifier votre offre, sans en attendre de miracle.
Les fausses bonnes idées
Répéter « plombier Dinan » vingt fois dans une page n’aide ni Google ni les IA, qui comprennent le sens d’un texte. Cela rend surtout la page pénible à lire.
Même chose pour les contenus générés en masse. Des dizaines de pages écrites automatiquement, sans information réelle, diluent votre site et peuvent le faire pénaliser par les moteurs dont dépendent les assistants. Les pages villes en série, où seul le nom de la commune change, relèvent de la même erreur.
Inutile de s’attarder sur les faux avis et les mentions achetées sur des sites de piètre qualité. Quant aux promesses de « première place dans ChatGPT », fuyez-les : il n’existe ni classement fixe ni position garantie, et les réponses varient d’une conversation à l’autre.
Tester vous-même votre visibilité dans les IA
Pas besoin d’outil payant pour commencer :
- Notez cinq à dix questions que vos clients pourraient poser, avec leurs critères : « près de Dinan », « ouvert le dimanche », « qui parle anglais ».
- Posez-les à plusieurs assistants, chaque fois dans une nouvelle conversation, si possible sans être connecté à votre compte habituel.
- Notez qui est cité, et surtout quelles sources sont affichées : ce sont les sites sur lesquels vous devez être présent et exact.
- Demandez aussi : « Que sais-tu de [votre entreprise] à Dinan ? » Vous repérerez les informations fausses ou datées, à corriger à la source.
- Recommencez tous les deux ou trois mois, avec les mêmes questions.
Ne concluez rien d’une seule réponse. Posez deux fois la même question, vous obtiendrez souvent deux résultats différents.
Ce que l’on sait, et ce que l’on ignore
Soyons honnêtes : les éditeurs d’IA disent peu de choses sur la façon dont ils choisissent leurs sources, et leurs outils changent sans cesse. Aucun tableau de bord ne mesure de façon fiable votre place dans leurs réponses. Ce que l’on observe, c’est que les entreprises citées ont souvent les mêmes atouts : un site clair et bien indexé, des informations cohérentes, des avis réguliers, une présence sur les sites de référence de leur territoire. Rien de magique, donc. Les bases du référencement, tenues avec plus de rigueur que d’habitude.
Si vous ne deviez faire qu’une chose ce mois-ci : demandez à un assistant ce qu’il sait de votre entreprise, puis corrigez à la source tout ce qui est faux, en commençant par votre fiche d’établissement. Notre guide pratique de la fiche Google vous y aidera, car cette fiche alimente de nombreuses réponses locales. Pour aller plus loin, voyez notre offre de visibilité dans les IA (GEO) et de référencement naturel, ou parlons de votre situation : le premier échange est gratuit et sans engagement.